• Saint-Même-les-Carrières

     

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    Commune de Saint-Même-Les-Carrières

    Depuis 2015 Saint-Même-les-Carrières fait partie du canton de Jarnac.

     

    Située à l'extrémité orientale du canton et limitée au nord par Charente, la commune de Saint-Même est, après celle de Segonzac, la plus importante du canton.

    C'est, en effet, une commune riche et prospère. Les terrains  compris dans la vallée de la Charente sont d'une grande fertilité. De belles prairies s'étendent le long des rives du fleuve et de magnifique vignobles couvrent le reste de la vallée, ainsi que les pentes et le sommet du coteau qui domine cette vallée au sud. Un bois important s'étend à l'est de la commune.

     

    Mais, ce qui fait surtout la richesse de Saint-Même, ce sont les admirables carrières de pierres de taille, exploitées depuis le douzième siècle, dont les galeries souterraines s'enfoncent profondément dans le flanc des collines, formant un labyrinthe presque inextricable. La pierre extraite de ces carrières est, en effet, fort renomée et s'expédie jusque dans les contrées les plus lointaines.

     

    L'industrie est également représentée par des moulins importants situés au village de Saintonge et mis en mouvement par la Charente. La ligne de chemin de fer d'Angoulème à Saintes possède, dans la commune de Saint-Même, une importante station dont le trafic est considérable. Les autres voies de communication sont la route de Cognac à Châteauneuf ( route départementale N°10 de Cognac à Ribérac), qui traverse toute la commune de l'ouest à l'est, et la route de Segonzac à Bassac ( chemin de grande communication N°11 de celles à Confolens), qui croise la route de Cognac au bourg de Saint-Même.

     

    De plus, le chemin d'intérêt commun de Châteauneuf à Jarnac dessert le nord de la commune et un autre chemin d'intérêt commun unit le bourg de Saint-Même à celui de Saint-Preuil. Le Sud de la commune est traversé par le chemin Boisné, près duquel  on peut voir un dolmen en partie brisé.

     

    Le plus ancien seigneur connu de Saint-Même est Jean de la Roche, chevalier, baron de la Rochebeaucourt, qui était seigneur de Saint-Même en 1528. Son fils, François de la Rochebeaucourt fut gouverneur de l'Angoumois. Il réunit le Grollet à la seigneurie de Saint-Même et Maria sa fille, Françoise, à Olivier de Culant, baron de Ciré en Aunis, d'une famille originaire du Berry.

     

     

    Olivier de Culant embrassa la religion protestante et devint un principaux partisans de la nouvelle religion, en Angoumois. Son petit-fils, Geoffroy de Culant, épousa Jacquette Méhée, d'Anqueville, dont il eut deux fils. L'ainé, René, demeura baron de Ciré, seigneur de Saint-Même et du Grollet; le cadet, Isaac, eut la seigneurie d'Anqueville; nous le retrouverons plus loin.

    Allée des tilleuls 1940

    Saint-Même-les-Carrières

    Par son mariage avec Marie-Gabrielle de Culant, Messire Joseph Hector d'Auray,comte de Brie, devint seigneur de Saint-Même et du Grollet. Son fils, Alexandre d'Auray, fut capitaine de vaisseau. Ayant pris sa retraite en 1788, ce dernier figura aux assemblées provinciales de 1789 et émigra en 1792.

     

    Saint-Même-les-Carrières

    Saint-Même, à huit kilomètres nord-est de Segonzac et à seize kilomètres de Cognac, est construit au point de jonction de la route de Cognac à Châteauneuf et de la route de Bassac. C'est un gros bourg de plus de  mille habitants, régulièrement bâti et dont les maisons s' étagent sur les flancs du coteau et,  vu de la station du chemin de fer, le bourg de Saint-Même présente l'aspect d'une petite ville.

     

    Il possède un bureau de poste et une étude de notaire; de bonnes foires s'y tiennent le 29 de chaque mois.

    L'église de Saint-Même, des douzième et treizième siècles, appartient à deux campagnes immédiates.

    La nef, qui paraît plus ancienne, possédait au midi une chapelle latérale sur crypte avec voûte domicale. Le sanctuaire, précédé de la coupole du clocher, est une abside avec belle arcatures. La sculpture y est excluvivement géométrique, alors que celle de la nef n'est faite que de feuillages et de rinceaux.

    Ce charmant monument appelle une restauration intelligente, qui lui rendra des proportions plus vastes en lui restituant sa belle chapelle et une façade convenable.

     

    Au hameau du Grollet, s'élevait un château, édifié au dix-septième siècle par la famille de Culant. Incendié vers la fin du dix-huitième siècle, ce château a été remplacé par un magnifique maison bourgeoise.

    Les principaux villages de la commune de Saint-Même sont: le Breuil, au sud du bourg, sur la route de Saint-Preuil; Vinade, sur la Charente, port d'embarquement des pierres; Saintonge, avec des moulins importants sur la Charente.

     

    A l'extrème limite orientale de la commune, au sommet d'un mamelon dominant la plaine, on aperçoit les restes d'un ancien château, auxquels ont été ajoutées des constructions modernes, qui en  dénaturent complètement le caractère: ce sont les débris de l'ancien château d'Anqueville qui, au treizième siècle appartenait à une branche cadette des taillefer, les seigneurs de Montausier.

     

    C'était une seigneurie très importante, dont la mouvance s'exerçait sur plus de trente paroisses. Au quinzième siècle, la seigneurie d'Anqueville était possédée par deux frères, Arnauld et Pierre Giraud, écuyers. Vers le milieu du seizième siècle, la petite-fille de ce dernier, Louise Giraud, épousa un gentilhomme saintongeais, Charles de Sousmoulins, et lui porta en dot la terre d'Anqueville.

     

    Tous les seigneurs qui possèdèrent Anqueville pendant le seizième siècle, embrassèrent le parti de la Réforme et furent des Huguenots militants. Il n'est donc pas étonnant que, pendant les guerres religieuses, le château d'Anqueville ait eu à subir souvent les vicissitudes de la guerre. Pendant cette époque néfaste, il faut plusieurs fois pris et repris, pillé, saccagé, et beaucoup de titres précieux furent détruits.

     

    Charles de Sousmoulins mourut vers l'an 1570, ne laissant que deux filles, dont l'ainée, Jacquette de Sousmoulins, épousa, en 1581, David Méhée, un des compagnons d'armes du roi Navarre, le futur Henri IV. David Méhée étant mort en 1592, sa veuve se remaria avec l'un des chefs les ardents du protestantisme en Angoumois, Pierre Dexmier, sieur du Breuil de Blanzac.

     

    Les convictions calvinistes de ce dernier étaient si ardentes, qu'il n'hésita pas à bouder le roi Henri IV, lorsque ce dernier eut abjuré le protestantisme, ce qui valut cette boutade du plus populaire de nos rois:  Il ne faut pas quitter ses compagnons pour manger des noix en Angoumois.

    Pierre Dexmier n'eut pas la possession d'Anqueville. En effet, une sentence rendue par le présidential de Saintes, le 23 octobre 1603, attribua le domaine d'Anqueville, à Gédéon Méhée, fils aîné, issu du premier mariage de Jacquette de Sousmoulins.

     

    A la mort de cette dernière, en 1637, et pour liquider sa succession, ainsi que celles de son premier mari, David Méhée, et de son fils aîné, Gédéon Méhée, mort en 1613, s'engagea un long procès qui n'était pas encore terminé lors du décès, en 1658, du fils de Gédéon, René Méhée. Ce dernier laissant trois enfants mineurs, sous la tutelle de leur mère, Claude Chasteigner.

     

    Une sentence du 12 septembre 1665, adjugea à ces derniers le domaine d'Anqueville. Ils n'en jouirent pas longtemps. En effet Claude Chasteigner, menacée d'un nouveau procès, préféra sacrifier les intérêts de ses enfants et, par une transaction du 21 mai 1666, la terre d'Anqueville passa aux mains d'Isaac de Culant, petit-fils de Gédéon Méhée, par sa mère Jacquette Méhée.

     

    Les de Culant, ainsi que leurs prédécesseurs dans la possession d'Anqueville, étaient calvinistes et le grand-père d'Isaac, Olivier de Culant, avait été l'un des principaux chefs de la Réforme en Angoumois. Cependant, Isaac de Culant, suivant en cela l'exemple d'un grand nombre d'autres seigneurs, adjura le protestantisme et fit baptiser ses enfants.

    Il mourut en 1701, laissant la terre d'Anqueville à son fils, Gabriel de Culant, qui fut capitaine au régiment d'Auvergne et se fit tuer en 1703 au siège d'Ostende  n'étant âgé que de vingt-sept ans.

     

     Le petit-fils de ce derniers, Alexandre Louis de Culant, après une brillante carrière militaire, se retira à Anqueville. En 1789, il fut choisi avec le marquis de Saint-Simon, pour représenter la noblesse de l'Angoumois aux Etats-Généraux de 1789.

    Ils mourut au château d'Anqueville le 15 septembre 1799, ne laissant pas de postérité. Aussi, après la mort de sa veuve, survenue le 30 avril 1824, le domaine d'Anqueville fut vendu et acquis par l'abbé Marcellin, curé de Châteauneuf.

     

    Il ne tarda pas à passer entre les mains d'un spéculateur qui l'exploita comme une carrière, dont les pierres allèrent bâtir des maisins neuves à Jarnac et dans les environs. Aussi n'existe-t-il aujourd'hui que des débris de l'ancien manoir.

    Autrefois, le château d'Anqueville baignait le pied de ses murailles dans les eaux d'un étang aujourd'hui transformé en prairie, et le joyeux tic-tac d'un moulin se mêlait au murmure du ruisseau par lequel s'écoulait le trop-plein du lac. Mais le 16 août 1768, une épouvantable bourrasque, dont on a longtemps gardé le souvenir dans le pays, emporta le moulin et vida l'étang, qui fut remplacé par la jolie prairie qui s'étend au pied de ce qui fut le château d'Anqueville.

     

     D'après le livre de  J. Martin-Buchey

    Ancien professeur d'histoire 1914 - 1917

     

    Anqueville

     

    Saint-Même-les-Carrières

     Monument aux morts érigé en 1921 sculpté par Dauphin à Vendôme.

     

    Saint-Même-les-Carrières