ST SIMEUX

Comprise entièrement dans la boucle que forme la Charente entre Champmillon et Vibrac, la commune de Saint-Simeux ( autrefois Saint-Siméon) occupe un plateau élevé et peu boisé, dont le sol se prête principalement à la culture de la vigne.
Aussi les ravages du phylloxéra y furent-ils particulièrement sensibles; mais aujourd'hui la reconstitution du vignoble a ramené dans le pays l'aisance et la prospérité.
Indépendament des vignes, on rencontre également de bonnes prairies le long des rives de la Charente.
L'industrie était représentée par des moulins importants, dont la fondation remonte tout au moins aux premières années du quatorzième siècle.
La station de chemin de fer la plus proche de Saint-Simeux est celle de Châteauneuf ; cependant les voyageurs pouvaient prendre certains trains à la halte de Mosnac, à deux kilomètres.
La principale voie de communication de la commune est la route de Châteauneuf à Hiersac ( chemin de grande communication N°6 de Barbezieux à Sauzé-Vaussais), qui la traverse du sud au nord.
La route de Châteauneuf à Jarnac ( chemin de grande communication N°22 de Saint-Séverin à Matha, suit à l'ouest la vallée de la Charente et des chemins d'intérêt commun relient Saint-Simeux aux communes voisines de Vibrac. Champmillon et Moulidars.
Il ne paraît pas y avoir eu de logis seigneural au bourg de Saint-Simeux ; mais, à peu de distance, au-dessus du chemin de Châteauneuf et dominant la Charente, s'élevait, au moyen-Age, une forteresse, appelée la tour de Montmédou, qui a dû être détruite pendant la guerre de cent ans.
Les principaux fiefs de la paroisse de Saint-Simeux étaient Tourteron et Etaules.
Le logis de Tourteron, dans une belle situation au-dessus de la route de Châteauneuf à Jarnac, domine la vallée de la Charente est entouré d'un parc magnifique. C'était au moyen-Age une dépendance de la seigneurie du Fâ, en Sireuil, qui passa le fâ, aux seigneurs de Saint-Hermine. Ces derniers firent construire le logis actuel, qui prit le nom.
Au quinzième siècle, Tourteron fut divisé et forma deux seigneuries: Saint-Hermine, dont les dépendances s'étendaient jusqu'à la Charente et qui a survécu jusqu'à nos jours, et le Petit tourteron, qui s'avançait dans la terres, du côté de Planson, et dont le logis a fait place à des maisons particulières.
Vers la fin du quinzième siècle, le Petit Tourteron fut vendu par Philippe de Rohan à Charles d'Orléans, comte d'Angoulême et père de François Ier.
De ce fait, cette terre devint la possession des rois de France, qui la conservèrent jusqu'au mois de février 1593, époque à laquelle le roi Henri IV la vendit, avec la terre de Bouteville, à messire Bernard de Béon de Massès, lieutenant général d'Angoumois Aunis et Saintonge, et gouverneur de la Rochelle.
Deux ans plus tard, en 1595, ce dernier revendit le Petit Tourteron à M. Mathurin Gillibert, conseiller du roi.
Cependant, le logis de Saint-Hermine était resté la propriété des seigneurs du Fâ jusqu'au milieu du seizième siècle. A cette époque, ce logis fut également vendu à M.Mathurin Gillibert.
Le 22 juin 1599, les héritiers de M.Gillibert licitèrent Tourteron, qui fut acquis par Philippe Falignon, sieur de la Chapelle, et le 12 juillet suivant, la veuve de Mathurin Gillibert renonça, en faveur du même Falignon, à la jouissance du logis de Saint-Hermine, jouissance à laquelle lui donnait droit son contrat de mariage.
Anciennes cartes
La famille Falignon allait bientôt réunir entre ses mains la totalité des biens dépendant de Tourteron. En effet, dans ces diverses mutations, il n'était pas question de la seigneurie, c'est-à-dire de la mouvance féodale de Saint-Hermine, qui avait été vendue, en 1552, par les Saint-Hermine à Guillaume Gelinard, seigneur de Malaville, conseiller du roi.
Le 21 juin 1652, le petit-fils de ce dernier, Emmanuel Gelinard qui, en 1649, avait cédé à reméré ses biens à Henri Rambaud, marchand de Châteauneuf, les racheta à ce dernier pour les revendre, le 8 juillet suivant, à Guillaume Faligon, fils de Philippe. Dès lors, Tourteron fut entièrement réuni entre les mains de la famille Faligon. La petite-fille de Guillaume Faligon, Françoise, qui hérita du domaine de Tourteron, épousa Jean Regnauld, seigneur de Pondeville, Guissalle et autres lieux et mourut jeune vers 1684.
Jean Regnauld, devenu veuf, se remaria le 30 septembre 1686. Après son second mariage, il alla habiter son logis de Guissalle, laissant Tourteron à sa fille aînée, Marguerite Regnauld.
Cette dernière s'unit, en 1704, à messire Jean Dassier, seigneur des Brosses; puis, devenue veuve, elle se remaria à messire Pierre Barbarin, sieur de la Martinie, qui se rendit, en personne, le 9 novembre 1725, à la Rochelle pour faire hommage au roi de la seigneurie et du fief de Saint-Hermine. Seulement, le dénombrement c'était l'usage, la seigneurie de Tourteron fut saisie féodalement et main-levée ne fut donnée qu'en 1736.
Pierre Barbarin mourut en 1758; sa veuve afferma alors Tourteron et se retira à Angoulême, où elle s'éteignit elle-même en 1772. De son premier mariage avec Jean Dassier, Marguerite Regnauld avait plusieurs enfants. l'aîné, Jean François, dit le chevalier Dassier, succéda à sa mère comme seigneur de Tourteron. Avant hérité de son oncle, messire Paul Dassier, seigneur de Charzat, le chevalier Dassier alla habiter le Confolentais et vendit Tourteron, le 13 septembre 1786, à M.Cyprien Gabriel de Terrasson.
En 1813, lors du partage des biens de M. de Terrasson, Tourteron échut à sa fille, Anne-Thérèse, mariée à M. Seuillet de Montegon, capitaine d'infanterie. M. et Mme de Montégon habitèrent l'ancien logis de Saint-Hermine, qu'ils aménagèrent .
Leur héritage fut partagé entre leurs deux filles, dont l'une était mariée avec le général Matis. Ce dernier racheta une partie du lot de son beau-frère, reconstitua un assez joli domaine et mourut à Tourteron le 2 juin 1857, à l'âge de 84 ans. Après sa mort Tourteron fut vendu et morcelé. En 1869, le logis fut acquis par M. Léonce Roïteau, négociant à Angoulême.
Un gros village s'est groupé autour du logis et Tourteron est un hameau plus peuplé que le chef-lieu de la commune.
La seigneurie d'étaule était moins importante; néanmois elle sétendait sur sept paroisses et dépendait de Châteauneuf pour la plus grande partie. Le logis, à deux kilomètres au sud de Tourteron, était également situé dans une très belle position, au-dessus de la vallée de la Charente.
Les premiers seigneurs qui nous soient connus, les Gastaud, vivaient sous le règne de Charles VII. Pendant toute la seconde moitié du quinzième siècle, nous trouvons Jean Gastaud qui, pour une raison que nous ignorons, au lieu d'administrer lui-même ses biens, en confia l'administration, en premier lieu, à messire Pierre Basagier, notaire à Châteauneuf, is, à partir de l'année 1490, à messire Guillaume Gilibert, curet de Cellettes.
Jean Gastaud laissa deux fils et une fille. L'aîné , Jacques Gastaud, lui succéda comme seigneur d'Etaules, et agrandir ses domaines par plusieurs acquisitions. Il avait épousé Jeanne Giraud, de la maison d'Anqueville. Etant mort sans enfants, il laissa pour héritier Charles Petit, écuyer; mais sa veuve, qui était créancière de la succession, céda ses droits au seigneur d'Anqueville, et Etaules fut vendu judiciairement au profit de Charles de Sousmoulins, seigneur d'Anqueville, qui rendit hommage au roi le 29 octobre 1555.
Charles de Sousmoulins mourut jeune et sa veuve, Louise Giraud, conserva la jouissance d'Etaules. A sa mort, en 1612, elle laissa cette jouissance à sa fille, Jacquette de Sousmoulins.
Une sentence arbitrale de 1665, qui régla les successions de Jacquette de Sousmoulins, de son premier mari, David Méhée, et de son fils aîné, Gédéon Méhée, attribua la terre d'Etaules à Josias Méhée, deuxième fils de Jacquette. Le petit-fils de Josias, Pierre Méhée, seigneur d'Ardenne, devint, à, son tour, seigneur d'Etaules à la mort de son père Isaïe Méhée. Cette terre lui cause de nombreux tracas sur ses vieux jours, si nous en croyons les lettres dans lesquelles il exprime ses doléances.
Pierre Méhée mourut le 27 février 1760, âgé de 84 ans. Il ne laissa pas d'enfants. Afin d'éviter le partage d'Etaules entre nombreux héritiers auxquels cette terre revenait, l'abbé d'Anqueville acheta leurs parts éventuelles et en resta seul possesseur.
Ala mort de l'abbé d'Anqueville, Etaules passa aux mains de M. Cyprien-Gabriel de Terrasson, l'aîné de ses trois neveux, qui, trois ans plus tard, devait acquérir également Tourteron.
En 1822, les héritiers de M. de Terrasson vendirent la terre d'Etaules au sieur Mesnard, dont les ancêtres l'avaient cultivée, de père en fils, à titre de fermiers ou de métayers. Depuis cette époque le domaine a été morcelé.
Une partie du hameau d'Etaules, le Petit-Etaules, appartient à la commune de Châteauneuf.
Le bourg de Saint-Simeux ( 566 hab.), est admirablement situé, au sommet de la colline qui domine la vallée de la Charente, à quatre kilomètres nord-est de Châteauneuf et vingt-neuf de Cognac. De ce point élevé la vue est magnifique, s'étendant au loin jusqu'aux collines des cantons de Blanzac et de Lavalette et embrassant toute la boucle de la Charente, dont les eaux, tantôt calmes et paisibles, tantôt se précipitant avec fracas à travers les écluses, se jouent au milieu d'un grand nombres d'îles et îlots aux frais ombrages.
L'église, qui avait été construite dans le style roman, fut remanié par la suite et restaurée dans le style ogival du quatorzième siècle. Vers le milieu du dix-neuvième siècle la chûte du clocher amena l'écrasement du sanctuaire et l'église dut être reconstruite presque entièrement.
De l'église romane primitive, il reste les murailles de l'abside et la base du clocher. Au quatorzième siècle, la nef primitive fut remplacée par deux travées ogivales. Le clocher, qui a été entièrement reconstruit, n'appartient à aucun style bien défini; mais il est extrêmement gracieux. Edifié comme il l'est, au sommet de la haute colline qui supporte le bourg de Saint-Simeux, il attire forcément les regards des voyageurs qui parcourent la vallée de la Charente.
Au pied de la colline, le long des rivves de la Charente, s'étend le village des Corbeaux. Un document, parvenu jusqu'à nous, nous apprend que << le mardi après la fête de Saint-Georges de l'année 1331, Geoffroy de Vaux, seigneur de Mosnac, a arrenté à Hélie du Breuil, prieur de Mosnac, les moulins avec essacs et pêcheries qui existent dans l'écluse du Corbeau, paroisse de Saint-Simeux . >> Les moulins de Saint-Simeux et les importantes pêcheries qui en dépendent sont donc très anciens et existent depuis au moins la première moitié du quatorzième siècle.
Parmi les autres hameaux de la commune de Saint-Simeux nous citerons: le Montet, séparé du bourg par un ravin au fond duquel coule une source abondante et d'où la vue est également fort belle; Chez Touchard et le Trézidoux, villages situés à la limite nord de la commune et dont une partie appartient à la commune voisine de Champmillon; les Godichauds; Hanson, dans l'intérieur des terres, près des Courades.
Citons en dernier lieu l'agréable logis du Maine-Michaud, qui fit partie des biens de la famille de Terrasson .
Documentations : Historique et communale de la Charente. J. Martin-Buchey ancien professeur d'histoire 1914 -1917.






































































