• Saint-Brice

     

    Saint-Brice

     

     

    Commune de Saint-Brice

    Située à l'extrémité orientale du canton de Cognac, la commune de Saint-Brice s'étend sur les deux rives de la Charente et est séparée par la Soloire de la commune voisine de Boutiers-Saint-Trojan.C'est une des communes les plus intéressantes du canton, non seulement par la beuté des sites qu'elle offre aux regards, mais aussi par les nombreux et remarquables souvenirs du passé que l'on y rencontre.La Charente y coule dans une admirable vallée, encaissée entre de hautes falaises, dont les flancs sont tapissés de magnifiques bois de chênes-verts, au milieu desquels de somptueuses villas, appartenant aux riches négociants de Cognac, s'élèvent çà et là, rompant la monotonie du paysage.

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    Plus au nord, le terrain s'abaisse progressivement vers la plaine du Pays-Bas, et l'on se trouve alors au milieu d'une riche nature, où les champs de blé alternent avec de beaux vignobles et où de bonnes prairies, arrosées par la Soloire, donnent d'excellents fourrages.Au sommet de la colline qui domine la rive droite du fleuve, au milieu des pins et des bruyères, voici le beau dolmen de la pierre de la Vache, composé de deux pierres juxtaposées et qui, de loin, ressemble à un énorme crocodile.Un peu plus loin, se dresse le beau portail crénelé du château de Garde-Epée. Ce portail est, avec une fuie gigantesque, tout ce que possède de remarquable ce château, qui doit dater des premières années du dix-septième siècle.

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    Aux seizième et dix-septième siècles, le logis de Garde-Epée appartenait à une famille Ancelin. Vers le milieu du dix-septième siècle, Jean Ancelin étant mort sans enfants, ses héritiers vendirent le domaine de Garde-Epée à un M. Richard, qui en était encore possesseur en 1698. Enfin, en 1744, le logis de Garde-Epée passa dans la famille de Jarnac de Garde-Epée, qui l'a possédé jusqu'à nos jours.Si, en quittant le logis de Garde-Epée, l'on descend dans la plaine, on arrive promptement à la magnifique église abbatiale de Châtres, qui s'élève solitaire au milieu des champs.C'était l'église d'une riche abbaye de l'ordre de Saint-Augustin, fondée, au onzième siècle, par un seigneur de Bourg-Charente. Comme la plupart des autres abbayes, l'abbaye de Châtres prospéra jusqu'à l'époque de la guerre de Cent ans, grâce aux libéralités des seigneurs de Bourg et de Guy de Lusignan, seigneur de Cognac.

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    Après cette guerre désastreuse, le comte Jean d'Angoulême la releva de ses ruines; mais, après les guerres religieuses du seizième siècle, sa décadence fut définitive. Aujourd'hui, tous les bâtiments de l'abbaye ont disparu, et il ne subsite que la belle église abbatiale dont l'abbé Michon, dans sa remarquable Statistique monumentale de la Charente, nous a laissé la description suivante: << L'abbaye de Châtres est une des belles églises à coupoles de l'Angoumois. Ce qui reste est d'une conservation parfaite. Sa façade surtout est si bien conservée qu'on la croirait élevée il y a à peine un demi-siècle.Cette église à la forme d'une croix latine. Elle se compose de quatre parties qui rayonnent autour d'une coupole centrale: la nef, qui a trois coupoles , les transepts voûtés en ogive romane ( le transept nord a été démoli), l'abside, primitivement circulaire et maintenant remplacée par un sanctuaire carré long de style ogival, prenant deux travées de voûte. Malgré cette triste adjonction d'un chevet gothique et la suppression du transept nord, cette église est encore un monument très remarquable. Le coeur saigne quand on entre sous ces belles coupoles, de les voir, toutes fraîches d'architecture, s'élancer si aériennes sur des faibles pilastres et des demi-colonnes à peine en saillie sur les murs, et de penser que le tout ne peut plus servir qu'à une ignoble grange.

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    La façade est un morceau d'une grande beauté. Outre la transition qu'elle commence à indiquer entre le plein cintre et l'ogive, elle est travaillée avec une délicatesse admirable. On remarque l'art avec lequel l'architecte a su donner une grande variété non seulement à la disposition de ces arcades, mais encore à chacun de ses détails d'ornementation... . Je  n'ai rien vu d'aussi délicat dans le style ogival le plus perfectionné.>>

    La commune de Saint-Brice est parcourue, du sud au nord, par la  route de Cognac à Sigogne ( chemin de grande communication N°10 de Celles à Confolens). Cette route traverse la Charente, à la Trache, sur un beau pont en pierres, qui a remplacé un ancien pont suspendu. Un chemin d'intérêt commun quitte cette route près du pont de la Trache, dessert le bourg de Saint-Brice et se dirige vers Chassors. Le réseau routier est complété par divers chemins vicinaux ordinaires.L'industrie est représentée par plusieurs tuileries importantes. Le bourg de Saint-Brice ( 997 hab.), à cinq kilomètres est de Cognac, est agréablement situé près de la Charente, dont la vallée est fort belle en cet endroit.

    Son église mérite d'être signalée. Le sanctuaire a gardé toutes ses dispositions architecturales du treizième siècle et mérite à ce point de vue l'attention des archéologues.L'autel authentique, caché aujourd'hui par un meuble nouveau, est dominé par un élégant triplet de baies ogivées à lancette. Sa table de pierre, incrustée dans la muraille absidale, repose sur cinq modillons inégalement disposés et, aux extrémités, sur deux colonnettes, sans chapiteaux, mais à bases très soignées.  La crédence conserve encore la piscine destinée à recevoir l'eau des ablutions.Enfin, dans la pile nord-est du clocher, ouvrant dans l'intérieur du sanctuaire, on voit encore le tabernacle eucharistique primitif.

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    Conformément aux traditions de l'époque, il est formé d'une niche oblongue, percée dans l'épaisseur de la muraille. Une petite ouverture légèrement arquée se trouve à l'extrémité droite: une feuillure permettait d'y placer une porte en bois ou en métal précieux.Le château de Saint-Brice est une élégante construction du seizième siècle, élevée sur terrasse, d'où la vue plonge sur la vallée de la Charente. Ce château était le siège d'une seigneurie dont le plus ancien possesseur connu est messire Jehan de Lousme, qui vivait dans la seconde moitié du quatorzième siècle. C'est un de ses descendants, Jean de Lousme, qui vendit, en 1496, le domaine de Chatenay à Louise de Savoie.

    La seigneurie de Saint-Brice passa ensuite aux mains de la famille Poussard, de Fors, en poitou. Un membre de cette famille, Jean Poussard, épousa Catherine Gasteuil, dame de Saint-Trojan. C'est très probablement à leur fils aîné, Charles Poussard, qu'est due la construction du château actuel de Saint-Brice.Charles Poussard laissa Saint-Brice à son fils Daniel, qui eut l'honneur de recevoir Catherine de Médicis et sa cour, lors des conférences de 1586 avec le roi de Navarre.

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    Le mariage de Suzanne Poussard, soeur de Daniel, avec Louis d'Ocoy, seigneur de Saint-Trojan, porta la terre de Saint-Brice dans la famille d'Ocoy, dont deux membres, Jean-Casimir d'Ocoy et François d'Ocoy, fils et petit-fils de Louis d'Ocoy, se distinguèrent pendant le siège de Cognac, en 1651. François d'Ocoy se joignit ensuite à l'escadron des volontaires formé par les gentilshommes de la contrée, sous le commandement de M. de Tracy, et prit part à l'affaire de Tonnay-Charente et au combat de Saint-André-de-Cubzac. 

    Documentations : Historique et communale de la Charente. J. Martin-Buchey de 1914-1917

     

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    Vers 1734 ou 1736, la terre de Saint-Brice passa, avec Saint-Trojan, entre les mains de la famille de Maulevrier. A l'époque de la Révolution, Saint-Brice était possédé par messire Jean-Baptiste des Nanots, écuyer, conseiller au parlement de Bordeaux, qui avait épousé Anne-Rosalie de Maulevrier.   Le château de Saint-Brice appartient à M. Jean-Hennessy, député de l'arrondissement de Barbezieux.

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    Le centre de la population le plus important de la commune est le village de Mullons, sur la rive gauche de la Charente. Ce village s'appelait autrefois Dorville ; il appartenait aux seigneurs de la cour, qui le vendirent, vers 1580, aux frères Mullons. Aussi le nom de Dorville disparut peu à peu pour faire place d'abord à Chez-Mullon, puis à les Mullons.Trois belles propriétés méritent d'être signalées: Bel-Air, appartenant à M. Pascal Combeau, ancien  maire de Cognac ; Bois-Clair, à m. Fassett-Arbouin, négociant à Cognac, et enfin Uffaut, à M. Pierre Castillon du Perron.Parmi les principaux villages, nous citerons: la Maurice, près de la Charente ; la Roche, près de la Soloire ; Chez-Guiard, près de la route de Sigogne ; la Trache, Uffaut et les Volleaux, sur la rive gauche de la Charente; la Soloire, etc., etc...