• Boutiers-Saint-Trojan

     

     Boutiers-Saint-Trojan

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    Commune de Boutiers-Saint-Trojan

    Cette commune est formée par la réunion des deux anciennes paroisses de Boutiers et de Saint-Trojan, et néanmoins sa surperficie n'est que de sept cent quatre hectares. Une population de 1437 habitants, soit 201.5 habitants par kilomètre carré, est répandue sur ce territoire. Si la population est aussi dense, cela tient au voisinage de la ville de Cognac, dont Boutiers est presque un faubourg.

    Cette commune est limitée, au sud-ouest, par la Charente et au sud-est, par un affluent de ce fleuve, la Soloire. Les vallées de ces deux cours d'eau renferment d'excellentes prairies. Le plateau qui les sépare est couvert de beaux vignobles, comprenant environ le quart de la surface de la commune. Les autres cultures sont un peu délaissées et le vignoble tend à prendre une place de plus en plus grande. 

    La principale voie de communication est le chemin de grande communication N°24 de Barbezieux à Macqueville, qui traverse la Charente au pont de Châtenay. Un chemin d'intérêt commun, venu de Cognac, dessert le bourg de Boutiers et se dirige vers Nercillac. Ce réseau est complété par divers chemins vicinaux ordinaire.

    Le Bourg de Boutiers , à trois kilomètres nord-est de Cognac, se dresse, dans une situation pittoresque, au sommet d'une colline, qui domine la vallée de la Charente. Son église datait du douzième siècle; elle avait la forme d'un carré long, voûté en ogive romane. Cette église, démolie depuis longtemps, est remplacée actuellement par un édifice moderne.

    Boutiers-Saint-Trojan

    Boutiers était, au moyen-Age, le siège d'une commanderie de Templiers, qui fut supprimée en même temps que les autres établissements de cet ordre.Cette commanderie releva ensuite de l'ordre de Malte : puis, au dix-huitième siècle, elle appartient aux chanoines réguliers de St-Antoine de la grande-Lande, qui la vendirent à M. de la Ville. Elle passa ensuite aux mains du comte d'Artois, puis elle fut morcelée entre divers propriétaires.

    Près de la Charente, à la sortie du pont de Châtenay, s'élève la jolie petite église de Saint-Marmet, malheureusement en ruines. C'était un carré long avec une voûte en ogive romane et une fenêtre en plein cintre. La voûte du sanctuaire devait être d'une époque postérieure.

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    Saint-Trojan est situé au sud de la commune, au dessus de la vallée de la Soloire. L'église, classée parmi les monuments historiques, peut dater du douzième siècle. Son portail, en plein cintre, est assez bien conservé, ainsi que son clocher, à deux étages.

    Saint-Trojan possédait un château qui était habité par les seigneurs du lieu et où se plaisait Louise de Savoie, mère du roi François 1 er. La seigneurie de Saint-Trojan fut pendant longtemps unie à celle de Saint-Brice. Dans les premières années du seizième siècle, elle était possédée par François Gasteuil, chevalier, époux de Jeanne de Livenne.

    Leur fille, catherine Gasteuil, épousa, vers 1515, Jean Poussard, seigneur de Fors, chambellan du duc d'Alençon. Ce fut l'aîné de leurs enfants, Charles Poussard, seigneur de Fors, Saint-Trojan et Lignières, qui réunit les deux terres de Saint-Trojan et de Saint-Brice, et, à partir de cette époque, les deux terres eurent une existence commune pendant plus de deux siècles. 

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     Des six enfants que Charles Poussard eut de son union avec Marguerite de Bazoges, ce fut Suzanne Poussard qui eut en partage la terre de Saint-Trojan. Le 5 mai 1582, cette derière épousa Louis d'Ocoy, chevalier, seigneur de Courvrelles, chambellan du prince de Condé. De ce mariage naquit Jean-Casimir d'Ocoy de Couvrelles, qui épousa Jeanne de la Rochefoucauld.

    Les Poussard et les d'Ocoy étaient protestants, et Jean-Casimir d'Ocoy fit édifier, à l'extrémité de son jardin, un temple, sous lequel fut creusé un caveau destiné à la sépulture des menbres de sa famille. Le temple n'existe plus; mais on peut encore voir le caveau.

    La petite-fille de Jean-Casimir d'Ocoy, Marie d'Ocoy, épousa messire Jean-Paul de la Motte d'Ayran, qui fut chevalier de Saint-Louis et capitaine de la marine de roi à Rochefort.

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    A la fin du dix-huitième siècle, la seigneurie de Saint-Trojan appartenait à la famille de Maulevrier.

    A la limite de la commune de chervres, près de la Charente, se voit un grand bâtiment, près duquel s'élevait un château aujourd'hui disparu: c'est le Solençon, siège d'un fief dépendant de la seigneur de Gié, qui fut maréchal de France.

    En 1467, le Solençon fut acquis, en même temps que tourteron, par Charles d'Orléans, qui consacra à ces deux acquisitions la somme de neuf cents écus d'or.

    La terre du Solençon fut possédée par les Valois-d'Angoulême jusqu'après le règne du roi François 1er; elle fit partie du  duchépairie d'Angoulême créé par ce prince en faveur de sa mère. Le comte Jean d'Angoulême avait créé au Solençon un vaste étang aujourd'hui désséché et remplacé par une magnifique prairie.

    Plus tard le Solençon fut engagé et eut des seigneurs particuliers.

    En 1604, il appartenait à Henri Geoffrion, qui laissa cette terre à Jeanne Geoffrion, sa soeur ou sa fille. Cette dernière avait épousé Jean Vinsonneau, sieur de Tillou, homme d'armes de la compagnie du duc d'Epernon.

    Des deux filles issues de ce mariage, ce fut Marie Vinsonneau qui eut en partage le Solençon. Elle épousa René de la Tour, sieur de Saint-Fort-sur-le-Né. Les deux époux avaient à Cognac une maison qu'ils habitaient l'hiver, mais ils séjournaient volontiers au Solençon pendant la belle saison et ils y eurent quelques-uns de leurs enfants.

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    Après la mort de M. de la Tour. La Solençon passa dans la maison de Brémond d'Ars par le mariage de la plus jeune de ses filles, Marie de la Tour, avec Jacques de Brémond d'Ars. Ce dernier, qui tout d'abord s'était fait moine, était sorti de son couvent, après la mort de ses deux frères, pour figurer à la tête de sa maison.

    En 1756, Marie-Madeleine de Brémond, qui avait épousé le marquis de Verdelin, vendit la terre du Solençon à M. de la Ville, ancien receveur des finances, qui avait longtemps habilité Saint-Domingue. En 1772, le duc de KLa Vauguyon, gouverneur de Cognac, qui avait obtenu du roi les châtellenies de Cognac et de Merpins, en échange d'une partie de la forêt de Senonches, se rendit acquéreur de la seigneurie de Solençon ; cette seigneurie fit ensuite partie de l'apanage du comte d'Artois.

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    Ce dernier songea à utiliser le Solençon pour y installer une raffinerie de sucre ; mais le roi n'ayant pas donné son appobation à ce projet, il fut abondonné, C'est à ce moment que le château fut démoli et qu'il ne subsista que le  grand bâtiment que nous voyons encore aujourd'hui.

    En 1791, le domaine de Solençon fut mis sous séquestre, ainsi que les autres biens du comte d'Artois et régi d'abord par M.Caminade, puis, à partir de 1793, par les préposés de la régie nationale. Il fut mis en vente en 1833. 

    Documentation: J. Martin-Buchey ancien professeur d'histoire.1914-1917